Description
Honda entre enfin dans la cour des motos électriques. La WN7 est la première moto électrique de la marque à débarquer en France, disponible en deux versions : accessible dès le permis B avec la formation 7h, ou en pleine puissance avec le permis A2.
Double lauréate des prix Red Dot « Best of the Best » et iF Gold Design Award 2026, la WN7 affiche ses ambitions haut et fort. Design élancé, silence de fonctionnement, agilité promises. Sort-elle réellement du lot ? Voyons ce qu’elle propose vraiment.
Une motorisation équivalente à 68 ch !
Deux variante de motorisation pour la Honda WN7La WN7 existe en deux versions, même prix.
- La version A2 développe 50 kW de puissance maximale, soit 68 ch, pour un couple de 100 Nm et une vitesse maximale de 129 km/h.
- La version 11 kW s‘adresse aux titulaires du permis B ayant suivi la formation 7 heures : même couple, mais bridée à 120 km/h.
La différence entre les deux versions n’est pas énorme en termes de vitesse maximale, mais elle se sentira nettement à l’accélération. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la version A2 abat le 0 à 50 mètres en 3,9 secondes, contre 5,0 secondes pour la version 11 kW. Un écart d’une seconde qui peut sembler léger, mais qui compte vraiment au moment d’une insertion ou d’un dépassement d’urgence.
Le moteur est fixe, positionné au plus bas du châssis et refroidi par eau. Le constructeur Honda communique sur une équivalence à celle d’un moteur thermique 600 cm3. L’unité de commande de puissance intégré (PDU) permet un rendement électrique élevé et minimise ainsi les pertes d’énergie. La transmission, elle, est assurée par courroie, permettant une conduite des plus silencieuses.
Ce qui distingue cette motorisation des autres motos électriques, c’est le recours à des pignons à coupe hélicoïdale, habituellement réservés aux transmissions par cardan des grosses routières. Honda les a intégrés ici pour réduire le bruit de fonctionnement et lisser la délivrance du couple.
Concrètement, pour les néophytes : là où la plupart des motos électriques envoient la puissance d’un seul bloc dès qu’on tourne la poignée, la WN7 y va plus progressivement, à l’mage d’une moto thermique bien rodée.
Quatre modes de pilotage sont disponibles : Eco, Standard, Sport et Rain.
À chaque mode correspond un réglage du frein moteur, appelé ici décélération régénérative. Concrètement, le pilote choisit la puissance de ralentissement au lâcher des gaz. Et ce, de la roue libre totale jusqu’à un freinage moteur marqué en trois niveaux. Attention néanmoins, en mode Sport avec le frein moteur au maximum, le relâché de poignée peut être un peu brutal pour les non-initiés.
Un limiteur de vitesse actif et un mode « vitesse de marche » sont également de la partie pour compléter le tout.
Un chargeur rapide CCS2 pour la nouvelle Honda
La WN7 embarque une batterie fixe de 9,3 kWh refroidie par air. Fixe, c’est-à-dire qu’elle ne se retire pas : elle fait littéralement office de cadre structurel de la moto. Pour recharger, il faudra donc trouver une prise.
Et c’est là que la WN7 sort du lot. Elle est compatible avec la charge rapide en courant continu via connecteur CCS2. C’est encore rare sur ce segment ! Concrètement, elle passe de 20 à 80 % en 30 minutes avec une puissance maximale de 20 kW. La Honda WN7 fait fort : c’est l’un des meilleurs temps de charge du marché moto électrique actuel.
D’après l’essai routier du Repaire des Motards, comptez entre 80 et 100 km d’autonomie selon votre style de conduite. C’est loin des 140 km d’autonomie annoncée pour la version A2. Pour faire simple :
- Une conduite coulée en mode Standard permettrait d’approcher les 100 km.
- En mode Sport sur route mixte, redescendez vos attentes vers les 80 km.
- Sur autoroute à vitesse stabilisée, l’autonomie fond encore plus vite.
L’autonomie représente donc la limite objective de la machine et il vaut mieux le savoir avant d’acheter, surtout quand son prix avoisine les 15 000 €.
Pour les motards dont l’autonomie est un critère non négociable, la belle Ultraviolette F77 au style directement inspiré de l’aéronautique, propose une batterie de 10,3 kWh. En effet, son architecture est pensée pour des trajets plus ambitieux. Le tout, avec plus de 5 000 € de gagnés !
Honda RoadSync : une technologie au service de la mobilité ?
La WN7 embarque le système « Honda RoadSync » commun au reste de la gamme Honda. Accessible via Bluetooth depuis l’écran TFT 5 pouces, il couvre : navigation, musique, gestion des appels. Bref, les fonctions essentielles sont là, pilotables depuis le (gros) commodo gauche sans lâcher le guidon. Ce dernier est cependant jugé trop massif par rapport au style général de la moto : sur un engin aussi élancé, ça détonne un peu.
L’interface fait son âge et dénote lui aussi par rapport au reste du design. Sur une moto positionnée comme « techno », on attendait un design d’écran plus moderne. Il fait le job mais sans faire rêver.
Deux modes d’affichage sont disponibles, ce qui est appréciable. Mais Honda a fait un choix discutable : la prise USB-C est placée sous la selle. Un câble de passage permet de la remonter vers le guidon, mais sur une moto aussi connectée, l’intégrer directement en haut de cockpit aurait été plus logique.
Honda WN7 : équipements de série
La Honda WN7 ne propose rien de révolutionnaire, mais cela reste un niveau de série correct pour la catégorie. La WN7 embarque de série :
- Commandes rétroéclairées au guidon : pilotage intuitif de nuit comme de jour
- ESS (Signal d’arrêt d’urgence) : en cas de freinage brusques les feux de détresse clignotent automatiquement pour alerter les véhicules qui suivent.
- Éclairage full LED : signature lumineuse soignée avec une visibilité correct de jour comme de nuit
- Arrêt automatique des clignotants : petit détail qui fait la différence, surtout en milieu urbain
- Système Keyless : pas de clé physique, donc on monte et on démarre.
L’ensemble est ainsi cohérent et semble plutôt bien exécuté.
Cycle, suspension et sécurité
Suspension
La WN7 repose sur une fourche inversée de 43 mm avec 120 mm de débattement et un mono-amortisseur arrière réglable en précharge. Les suspensions font ainsi un bon travail. Elles absorbent correctement les petites aspérités du quotidien, sans pour autant offrir un effet tapis volant sur les gros chocs. Un équilibre plutôt honnête entre confort et dynamisme.
Freinage
À l’avant, deux disques de 296 mm avec des étriers Nissin 4 pistons à fixation radiale assurent un freinage puissant. Ce set de freinage est excellent, bien que le freinage puisse être un peu sec si l’on active le levier franchement.
Le frein arrière est au pied, comme sur une moto thermique classique. Ce dernier semble être plus doux que son confrère à l’avant.
Certains apprécieront le réflexe retrouvé et la possibilité de maintenir la machine à l’arrêt mains libres au feu rouge. D’autres le trouveront moins intuitif, notamment les nouveau motards venant du scooter…
Important à noter : aucun frein de parking. Ainsi sur une pente, la moto ne se bloque pas.
L’ABS double canal avec centrale inertielle IMU se déclenche quant à lui assez rapidement. Le feinage régénératif est quant à lui réglable et peut se substituer partiellement au frein moteur classique.
Selle
Spacieuse et bien dessinée, la selle affiche 800 mm de hauteur. Mais la densité de mousse est trop ferme pour les trajets moyens et longs. Ce qui aggrave le tableau : Honda ne propose aucune selle alternative au catalogue… Un vrai manque pour une machine à ce tarif.
Enfin, pour les motards qui cherchent un comportement plus joueur et une position plus engagée, l’Ultraviolette F77 mérite un coup d’oeil. Avec ses 208 kg et une géométrie pensée différemment, elle offre un ressenti plus sportif sur les départementales.
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