Ce qu’il faut retenir
Cet essai de l’Ultraviolette F77 sur circuit s’est déroulé le 7 juillet 2026 sur le circuit Jean-Pierre Beltoise, à Trappes. Face à la Honda Hornet 750 A2 et à la Yamaha MT-03, la moto électrique a montré ce que son couple immédiat et sa conduite sans rupture peuvent apporter sur un tracé court et technique. La F77 SuperStreet a signé le meilleur temps relevé de la journée en 34,37 secondes, tandis que la F77 Mach 2 a suivi avec un tour en 34,50 secondes.
Le chrono donne un repère, mais il ne raconte pas tout. Le vrai intérêt de cette journée était ailleurs : comprendre ce que procure une moto électrique lorsque les virages, les freinages et les relances s’enchaînent. Sans montée en régime à attendre, sans changement de rapport et presque sans bruit mécanique, la F77 propose une autre manière d’aller vite. Pas moins intense. Simplement différente.
Un Track Day pour sortir la moto électrique de sa fiche technique
Une moto électrique est souvent jugée à partir de trois chiffres : son prix, son autonomie et son temps de recharge. Ces données comptent, évidemment. Mais elles ne disent presque rien du plaisir ressenti une fois le casque attaché et la poignée tournée.
Pink Mobility et Ultraviolette ont donc choisi un terrain où les discours commerciaux tiennent rarement plus de deux virages : un circuit. Le Track Day organisé le 7 juillet 2026 au circuit Jean-Pierre Beltoise avait pour objectif de confronter la F77 à des motos thermiques dans un environnement commun, encadré et mesurable.
La journée a commencé par une présentation du programme et un briefing de sécurité. Une séquence chronométrée a ensuite été organisée, avant les essais destinés aux journalistes et aux invités. Trois pilotes ont participé aux relevés : Tom Chaney, pilote référent de la journée, ainsi que David Dumain et Mehdi Bermani.
Un tracé court qui multiplie les relances
Le tracé utilisé mesurait environ 650 mètres. Il associait plusieurs virages serrés, des changements d’appui, une courbe plus longue et des zones de freinage rapprochées. Il ne s’agissait donc pas d’un circuit destiné à vérifier uniquement une vitesse maximale.
Ce format met plutôt en évidence la facilité de placement, la stabilité au freinage et la capacité à repartir rapidement en sortie de courbe. Autrement dit, exactement les domaines dans lesquels une motorisation électrique peut faire valoir son couple disponible immédiatement.
Sur une moto thermique, le pilote doit conserver le moteur dans une plage de régime favorable, sélectionner le bon rapport et anticiper la reprise. Sur la F77, la réponse arrive dès la rotation de la poignée. Il n’y a pas de rapport à descendre, pas d’embrayage à gérer et pas de moteur à faire chanter avant de repartir.
La sensation est assez particulière lorsqu’on la découvre. La moto ne semble pas prendre son élan : elle file. La poussée arrive proprement, sans rupture, pendant que les bruits de roulement et le vent remplacent la bande-son mécanique habituelle. Certains y verront un manque de théâtre. D’autres apprécieront justement cette impression de glisser rapidement sur l’asphalte, sans bruit inutile entre le pilote et la trajectoire.
Comment le comparatif a-t-il été organisé ?
Trois modèles ont été retenus pour le comparatif chronométré : l’Ultraviolette F77, la Honda CB750 Hornet en configuration A2 et la Yamaha MT-03. Deux versions de la moto électrique ont roulé : la F77 Mach 2, à la position plus sportive, et la F77 SuperStreet, dotée d’un poste de conduite plus droit.
Les motos étaient en configuration d’origine, avec leur monte pneumatique d’origine. La piste était sèche. Environ quinze tours ont été effectués par modèle au cours de la journée, avec plusieurs pilotes.
Les temps ont été relevés manuellement. Cette précision est importante : il ne s’agit pas d’un chronométrage officiel par transpondeur, et encore moins d’une homologation sportive. Les centièmes permettent de classer les meilleurs tours observés, mais il serait aventureux de leur faire raconter une précision qu’ils n’ont pas.
Les motos comparées ne sont par ailleurs ni identiques ni directement équivalentes dans tous leurs usages. Leur puissance, leur masse, leur architecture et leur position de conduite diffèrent. Le résultat décrit donc leur comportement sur ce circuit précis, ce jour précis, avec ces pilotes précis. Pas une vérité universelle gravée dans le marbre du paddock.
Tom Chaney, le pilote référent de la journée
Pour établir des repères cohérents, les essais ont été confiés notamment à Tom Chaney, pilote référent du Track Day. Habitué aux roulages intensifs et aux contraintes de la piste, il évolue généralement au guidon de motos de 1 000 cm³, avec des niveaux de puissance et d’exigence bien supérieurs à ceux d’un essai routier classique. Son rôle n’était donc pas seulement d’aller vite, mais de pousser chaque machine de manière comparable, d’identifier ses réactions et de mettre en évidence ses qualités comme ses limites.
Les meilleurs chronos de la journée
| Moto | Pilote | Meilleur temps relevé | Écart avec le meilleur tour |
| Ultraviolette F77 SuperStreet | David Dumain | 34,37 s | Référence |
| Ultraviolette F77 Mach 2 | Tom Chaney | 34,50 s | + 0,13 s |
| Honda CB750 Hornet A2 | Tom Chaney | 36,01 s | + 1,64 s |
| Yamaha MT-03 | Tom Chaney | 36,70 s | + 2,33 s |
Le meilleur tour a donc été réalisé par David Dumain sur la F77 SuperStreet, en 34,37 secondes. La Mach 2 a enregistré un temps presque identique avec Tom Chaney : 34,50 secondes, soit seulement treize centièmes de plus sur le relevé manuel.
La Honda Hornet 750 A2 a signé un meilleur passage en 36,01 secondes. La Yamaha MT-03 a atteint 36,70 secondes. Sur ce format, la F77 a donc pris un avantage mesurable dans les séquences où il fallait ralentir, placer la moto, puis remettre immédiatement de la puissance.
Il faut toutefois éviter le raccourci selon lequel une F77 serait désormais « plus rapide » qu’une Hornet dans l’absolu. Sur un circuit plus long, avec de grandes accélérations, une vitesse de pointe davantage sollicitée et d’autres pilotes, le classement pourrait évoluer. Ici, le tracé a clairement valorisé la motricité, la disponibilité du couple et la répétition des relances.
Pourquoi la F77 s’est montrée efficace
Un couple disponible sans attendre
Le premier avantage est le plus évident au guidon : la réponse à l’accélérateur est immédiate. En sortie de virage, le pilote n’attend ni une montée en régime ni le passage dans une plage moteur plus favorable. Il remet les gaz, et la poussée est déjà là.
Cette disponibilité ne signifie pas que la moto arrache systématiquement les bras. La manière dont la puissance est délivrée reste contrôlable. En revanche, elle réduit les temps morts entre deux phases de conduite. Sur un tour de seulement quelques dizaines de secondes, ces petites fractions finissent par compter.
Une conduite plus directe
L’absence de boîte de vitesses simplifie également le travail du pilote. Toute l’attention peut se concentrer sur le freinage, le regard, le point de corde et la remise des gaz. Les amateurs de mécanique regretteront peut-être le jeu avec le sélecteur et l’embrayage. Les autres découvriront une conduite étonnamment fluide.
Le silence participe à cette impression. Il ne rend pas la vitesse moins réelle, bien au contraire. Sans moteur pour couvrir le reste, on entend davantage les pneus, l’air et parfois les petites approximations de trajectoire. La moto électrique ne retire donc pas toutes les sensations. Elle en met simplement d’autres au premier plan.
Un châssis précis et stable
D’après les retours recueillis pendant la journée, la F77 s’est montrée précise à inscrire en courbe et stable lors des changements d’appui. Le freinage est également resté constant malgré la répétition des sollicitations.
Les pneus d’origine ont permis de maintenir un rythme soutenu sans mauvaise surprise signalée. Une monte plus spécialisée pourrait probablement offrir davantage de marge lors d’un usage intensif sur piste. Mais ce n’était pas l’objet de cet essai : les motos devaient rouler telles qu’un client les reçoit, pas déguisées en machines de championnat pour les besoins de la photo.
La limite relevée : une fourche réglée pour la route
Tout n’a pas été parfait, et c’est précisément l’intérêt d’un essai sur piste. Le principal axe d’amélioration relevé concerne le réglage de la fourche avant.
Les F77 testées conservaient leur configuration d’origine, pensée pour un usage routier. Lors des freinages appuyés et sur certaines irrégularités du tracé, les pilotes ont estimé qu’un réglage plus ferme apporterait davantage de maintien et de précision.
Le constat n’a rien d’alarmant. Une suspension routière doit aussi absorber les raccords, les ralentisseurs et les chaussées imparfaites. Un réglage de circuit privilégie davantage le contrôle des mouvements de caisse. Vouloir exceller partout avec le même compromis reste une vieille promesse de brochure. La physique, elle, lit rarement les brochures.
Pour un propriétaire qui souhaiterait effectuer régulièrement des journées piste, un travail sur les réglages de suspension et, éventuellement, sur les pneumatiques serait donc cohérent. Pour une utilisation routière classique, tirer des conclusions à partir de quelques freinages de circuit serait en revanche excessif.
Le chrono compte, mais le plaisir reste le vrai sujet
La F77 a réalisé les meilleurs temps de cette journée. C’est un résultat intéressant, notamment parce qu’il a été obtenu avec des motos d’origine et sur un tracé identique. Mais réduire l’essai à une victoire de l’électrique sur le thermique manquerait le sujet principal.
Une Honda Hornet et une Yamaha MT-03 conservent leurs propres qualités : le caractère mécanique, la montée en régime, la sonorité et l’interaction avec la boîte de vitesses. Ce plaisir reste parfaitement valable. La F77 ne cherche pas à l’imiter trait pour trait.
Elle propose une expérience différente : moins de gestes mécaniques, davantage de continuité. La puissance arrive sans préparation. La moto passe d’un point de corde à l’autre avec une sorte d’évidence, puis repart dans un souffle électrique. Le pilote ne joue plus autant avec le moteur ; il joue davantage avec la trajectoire.
C’est probablement ce que ce Track Day a démontré de plus utile. Une moto électrique peut procurer du plaisir sans copier le comportement d’une thermique. Elle peut être rapide, précise et engageante sans échappement sonore ni compte-tours affolé. Le silence ne signifie pas l’absence de sensations. À 34 secondes au tour, on a même rarement le temps de s’ennuyer.
Ce que cet essai permet de conclure, et ce qu’il ne prouve pas
- Oui, la F77 est efficace sur un tracé court et technique : ses relances immédiates et sa conduite directe lui ont permis de signer les meilleurs temps relevés.
- Oui, les deux versions sont proches : seulement 0,13 seconde sépare les meilleurs tours de la SuperStreet et de la Mach 2 dans ce relevé manuel.
- Non, ce résultat ne crée pas une hiérarchie absolue : un autre circuit, d’autres pneus ou d’autres pilotes pourraient produire un classement différent.
- Non, le chrono ne remplace pas un essai routier : le confort, l’autonomie réelle, la recharge et l’agrément quotidien ne se mesurent pas sur une boucle de 650 mètres.
- Oui, la moto électrique peut être plaisante : à condition d’accepter qu’elle ne cherche pas à reproduire exactement les sensations d’un moteur thermique.
Notre lecture chez Go2roues
Sur le papier, les valeurs de puissance et de couple attirent l’attention. Sur la piste, ce sont surtout leur disponibilité et leur facilité d’exploitation qui font la différence.
L’Ultraviolette F77 ne transforme pas chaque conducteur en pilote. Elle n’annule pas non plus les lois de la physique, l’usure des pneus ou la nécessité de freiner au bon endroit. Ce serait pratique, mais un peu inquiétant.
Elle montre en revanche qu’une moto électrique peut avoir un véritable caractère dynamique. Son plaisir ne vient pas d’une imitation du thermique, mais de sa réponse instantanée, de sa fluidité et de cette sensation inhabituelle de filer sur l’asphalte presque sans bruit.
Le Track Day Beltoise ne répond pas à toutes les questions que peut se poser un futur acheteur. Il apporte néanmoins une réponse assez claire à l’une d’elles : non, passer à l’électrique ne signifie pas forcément renoncer aux sensations.
Découvrir l’Ultraviolette F77
La piste met en évidence le caractère de la F77, mais le choix entre la Mach 2 et la SuperStreet dépendra surtout de l’usage recherché. La Mach 2 adopte une position plus sportive. La SuperStreet privilégie un poste de conduite plus droit, sans renoncer aux performances observées pendant cette journée.
Pour consulter les versions disponibles, les caractéristiques annoncées et les conditions d’essai, retrouvez la page de l’Ultraviolette F77. Vous pouvez également parcourir la sélection de roadsters électriques et l’ensemble des motos électriques proposées par Go2roues.
À retenir
- Le Track Day s’est déroulé le 7 juillet 2026 sur le circuit Jean-Pierre Beltoise, à Trappes.
- Les motos ont roulé sur piste sèche, dans leur configuration et avec leurs pneus d’origine.
- La F77 SuperStreet a réalisé le meilleur temps relevé en 34,37 secondes.
- La F77 Mach 2 a signé un meilleur tour en 34,50 secondes.
- Le principal point à affiner pour un usage piste intensif concerne le réglage de la fourche.
Sources
- Communiqué de presse Pink Mobility du 9 juillet 2026.
- Présentation presse Ultraviolette Track Day du 7 juillet 2026.
- Tableau de chronométrage de la journée fourni par l’organisation.
- Fiche produit Ultraviolette F77 sur Go2roues.
- Site officiel Ultraviolette
- Pink Mobility, organisateur du Track Day Ultraviolette
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